La multiplication des partis politiques en Haïti reflète un symptôme alarmant d’une démocratie en perte de repères.

Aujourd’hui, fonder un parti politique est étonnamment simple. Il suffit de réunir une vingtaine de personnes, de créer un logo rudimentaire, de désigner un leader auto-proclamé, et voilà une nouvelle entité prête à se lancer dans l’arène. Pas d’exigence idéologique, pas de véritable soutien populaire, ni de vision ou de formation solide.

Juste une ambition brute exposée au grand jour. Avant 2014, il fallait prouver une implantation nationale authentique pour exister politiquement. Désormais, la tenue d’une réunion entre proches semble suffisante pour se déclarer acteur du jeu politique. Mais loin d’enrichir la démocratie, cette banalisation a contribué à son appauvrissement. Le constat est sévère : la majorité de ces partis ne sont pas là pour servir le pays,

mais bien pour se servir du pays. Au lieu d’être des instruments de changement social, les partis politiques sont devenus des leviers d’ascension individuelle, des accès facilités au pouvoir, des moyens pour négocier des nominations, obtenir des contrats ou s’octroyer des privilèges. La politique n’est plus perçue comme un engagement au service du collectif, mais comme une stratégie de survie dans un système en déliquescence.

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